Articles avec le mot-clef 'Usages'

Impliquer la population en étant ludique

Au moment de lancer une campagne de communication, à l’heure du web 2.0, les modalités d’association de la population sont diverses. On peut mettre à sa disposition un certain nombre d’information, recueillir sont avis ou bien carrément recueillir ses propositions.

Un moyen de s’assurer une certaine participation reste le concours, comme c’est le cas pour l’ensemble des médias. Organiser un concours booste l’audience d’un média.

Le Grand Lyon a ainsi lancé un concours d’idées en partenariat avec Eco Emballages afin de promouvoir les conduites « vertes » en matière d’environnement.

Le site dédié au concours « Grand Lyon Eco Emballages » a tout d’abord recueilli les propositions en matière de communication sur le développement durable. Ensuite, une première sélection a été faite par les animateurs. Ces propositions sont actuellement soumises au vote du public qui, par un simple clic, note les propositions de 1 à 5 étoiles.
vote Grand Lyon
Une fois le vote fait les étoiles disparaissent. La simplicité de la procédure participe à l’importante participation constatée. En revanche on peut douter de la fiabilité de la comptabilité des votes.

Le site est promu à la manière d’un jeu concours, l’accent est délibérément mis sur le coté ludique de la participation.
concours Grand Lyon
Ce mode de communication s’intègre dans une grande campagne de communication afin d’amorcer un changement de comportement demandé aux citoyens en obligeant la population à s’interroger préalablement sur son attitude de manière active.

Etre ludique n’est jamais gratuit mais permet de faire passer des messages en plusieurs étapes en associant pas à pas la population visée.

Quand la participation dérape

Une nouvelle fois, une rubrique d’un site de presse, Le Nouvel Obs, a vu son site débordé par des internautes. A l’occasion d’un débat intitulé « Comment reconstruire une gauche qui gagne ? » les modérateurs n’ont pas su gérer l’abondance de la participation, et son lot de contributions aux propos ne respectant pas les règles d’usage.

Malgré la présence des modérateurs, et les tentatives pour recadrer le débat, en privilégiant une modération a posteriori, le site s’est mis en situation de devoir gérer une abondance de contribution sans pouvoir valider dans l’instant l’ensemble des contenus. L’immédiateté connaît certaines limites lorsque la virulence des propos n’est pas gérable au fil de l’eau. C’est la raison pour laquelle les animateurs d’espaces de discussion sont de plus en plus réticents à donner la parole de manière totalement libre.

Pourtant, la question peut se poser différemment, pourquoi chercher à tout prix à proposer une discussion en direct. Une modération a priori permet de verrouiller le contenu des contributions, sans hacher la discussion. Le débat ne se fait pas de manière indispensable instantané. Les contributeurs intègrent les contraintes des espaces de discussion en ligne et ne le prennent pas comme un inconvénient. Ils n’attendent pas forcément réponse à leur contribution dans l’heure.

En revanche, le climat de confiance, ou le sentiment d’échange dans le respect est un élément incitatif à la participation. Il convient donc de tout mettre en œuvre pour créer cet espace de discussion respectueux.

Cela passe par une responsabilisation des participants. Sans rompre avec l’anonymat, véritable principe sur internet, les contributeurs se présentent en temps que contributeur au moment de leur inscription, ils choisissent un pseudo, un avatar, des préférences. En se présentant ainsi, il devient plus difficile à un individu de se conduire de manière irresponsable.

D’ailleurs, le Nouvel Obs suit le chemin de nombreux site en ouvrant un espace réservé aux abonnés sous forme d’appel à suggestion.

Nouvel Obs

 

La participation sur internet est de plus en plus encadrée. La modération est intégrée dans la forme de participation et les modalités d’inscription. Ces nouveaux formats permettent de sécuriser le contenu des échanges.

Comment la version électronique a pris ses lettres de noblesse dans la presse écrite

La presse d’information générale connait depuis un demi-siècle une forte crise. Le développement d’internet a fait craindre le pire à la presse écrite. Mais depuis ces dix dernières années, on a pu constater que les organes de presse écrite ont su apprivoiser le média et qu’ils tentent de promouvoir leur site sur le format papier. La crise de la presse écrite d’information générale ne cesse de se prolonger et Internet a tout d’abord été appréhendé comme une concurrence directe. En effet le média était susceptible de diffuser gratuitement une information payée à la fois par les lecteurs et la publicité.

Mais, les organes de presse n’ont pas pu passer outre le phénomène. Si au début, la presse d’information générale a vu comme une obligation le passage à la version électronique, le gain a aussi été un moteur dans le développement des versions électroniques des titres.

Les lecteurs ont immédiatement apporté un crédit aux titres déjà connus dans la multitude de création sur internet sans aucune légitimité.

L’important était de conservé une exclusivité à la version papier. Certains ont proposé une version édulcorée, d’autre une version « light » réservant la transposition exhaustive de la version papier en accès payant. La majorité des titres laissent l’accès gratuit au journal arguant que le lecteur papier n’est pas le même que le lecteur sur internet.

Force est de constater que les 2 médias ne se phagocytent pas. La version papier multiplie les appels à la consultation du site pour avoir plus d’information sur tel sujet ou telle rubrique.

Aujourd’hui la coexistence des deux formats est confortée par les pratiques des internautes et lecteurs. La règle sociologique qui fait que le lecteur et l’internaute consomment plus encore, mais qu’ils ne remplacent pas l’un par l’autre se confirme.

Les directeurs de rédaction l’ont bien compris et ne manque pas de faire des aller/retour vers leur site.

Le Figaro dans son édition du 16 juillet mettait sa Une au format de son site pour saluer les chiffres de consultations.

Les organisations, tout comme les organes de presse écrite, doivent voir dans le média internet, l’occasion de toucher un nouveau publique, tout en ayant à l’esprit que leur légitimité est dors-et-déjà acquise.

Les « Fatal Flatteurs » sévicent sur le site de Libération.fr

La période estivale a-t-elle fait baisser la garde des animateurs du site Libération? Le 18 aout dernier, une multitude de commentaires ditirambiques sur les propos tenus par Alain Minc est postée dans la rubrique Rebond de Libé.

Un rappel sur la modération des espaces participatifs s’impose. A y regarder de plus près, le déchainement d’éloges est le résultat des « Fatal Flatteurs », un groupe d’internautes férus d’espaces participatifs (forum, chat et autres blogs) qui investissent soudainement un site en l’arrosant de commentaires afin de neutraliser l’espace de discussion.
Bon joueur, Libération a consacré un article à cette « prise d’otage » de la participation.

Mais cet épisode résume assez bien la crainte que peut représenter la liberté d’expression sur internet pour tout animateur de site. Comment donner la liberté de s’exprimer, de commenter, de réagir, tout en se prémunissant d’une prise d’expression incontrôlée ?

Des mécanismes de modération existent :
A priori, la modération, demande certes, une grande mobilisation et un investissement important. Mais elle permet de contrôler toute publication sur un site.
A posteriori, l’instantanéité de l’expression est conservée, mais la vigilance à l’égard des propos publiés doit être constante pour assurer la légalité des propos publiés, et surtout pour que l’espace participatif soit un lieu d’échange cohérent.

Le type de modération choisi dépend des ressources que l’on peut allouer : au fil de l’eau la modération demande un temps homme très important, a priori, la modération demande un investissement et une réactivité importante.

La sélection des participants peut aussi se faire en les responsabilisant via l’inscription : plus on se présente plus on est mesuré dans ses propos. La rédaction d’une charte, acceptée par tout participant est également une forme de responsabilisation des internautes.
Le contenu des échanges peut aussi être influencé par la présence et l’animation du modérateur. L’animateur en recadrant le débat, en proposant des synthèses des échanges oriente les discussions et permet aux internautes de rebondir.

Cependant le genre d’invasion rencontré par Libération est relativement rare, le principal risque d’un espace de discussion est le plus souvent une absence de participation.

Noter pour participer

Un des nouveaux moyens de donner la parole aux internautes consiste à noter un avis, une proposition ou un commentaire. Pour ou contre ce type de participation ?

Issu des sites marchands ou les consommateurs pouvaient noter un vendeur ou un produit en argumentant, ce mode de participation s’est intelligemment adapté aux sites institutionnels ou informationnels.

Les atouts de ce mode de participation sont nombreux :

la mise en page de ce type de rubrique est très légère : une question, des icônes pour/contre : le parcours de la page web devient très rapide
la grande lisibilité de la contribution rend la consultation attractive : les internautes perçoivent en un coup d’œil l’avis général sur une proposition et n’ont pas à lire une contribution de 5 lignes ou une discussion entière au sein d’un forum
la facilité et la rapidité de participation accroissent le nombre de participants : pas besoin de construire une argumentation : un simple clic suffit pour s’exprimer
le coté ludique de la notation (oui/non, pour/contre) incite les internautes à participer : leur avis, très simple à donner, est sollicité comme dans le cadre de jeux télévisés,

Le site sur l’avenir de la fonction publique a mis a profit ce type d’expression :

la contribution au débat sur la fonction publique

Les limites d’une participation par la notation existent :

la simplification du débat n’est pas toujours pertinente, certains espaces participatifs méritent de développer le recueil des avis, notamment dans des logiques de concertation
la bipolarisation du débat peut apparaître rassurante mais n’est que rarement le reflet de la réalité
l’absence d’argumentation limite l’exploitation des données recueillies à une approche quantitative, et non qualitative.

Pour pallier à ces écueils, les rubriques de notations doivent s’intégrer dans un dispositif global permettant aux internautes de s’exprimer plus largement.

Cette obsession de la notation contamine toutes les catégories : les professeurs notés sur http://www.note2be.com/ ont obtenu la fermeture dur site, les médecins seront prochainement évalués sur le site http://www.note2bib.fr/
La limite de l’exercice de notation mérite d’être posée.


A propos

Prendre de la hauteur pour observer l’organisation des espaces de discussion sur internet. A l’image de la citadelle de Sigiriya, permettant d’observer l’ensemble de la région, Sigirya se veut être un observatoir de notre monde et de son environnement.
Voila l’objectif de ce site : Observer et étudier les nouveaux usages et les comportements des internautes sur toutes les nouvelles formes d’espaces de discussions pour en comprendre les enjeux, les bonnes pratiques et les facteurs de réussite.
Au plaisir d’échanger avec vous sur le sujet !
Delphine Wintenberger

 

mars 2010
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